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Le tocsin breton, retour sur un weekend de luttes à l’ouest

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Non ce n’est pas un simple weekend de « tension » qui vient de se dérouler en Bretagne. Ce weekend la société bretonne est entrée en révolte, sur plusieurs fronts, dans plusieurs milieux et à des endroits différents.

Tout d’abord il y avait un événement qui ne pouvait que mettre des foules en marche, un genre de visite que l’on aimerait empêcher par une porte close. Samedi 26 octobre Marine Le Pen est venue se promener en pays de Fougères, non loin de Rennes. Elle était au marché le matin et des Femens lui sont tombées dessus aux cris de « Marine repend toi ». C’était tout de même assez amusant pour le noter ici. Moins drôle par contre sa venue à Saint Aubin du Cormier pour un « buffet campagnard ». On ne sait pas si l’atmosphère y était champêtre mais de l’extérieur le lieu de l’événement ressemblait plus à une place forte façon bunker qu’à une belle longère de chez nous. Des fourguons de CRS par dizaines et autant de soldats bleus en armures pour protéger la petite sauterie. Un dispositif payé par l’Etat qui n’était pas de trop. En face une manifestation à l’initiative des habitants de la commune a rassemblé environ 300 personnes. Des militants aux cotés des citoyens de Saint Aubin ont ainsi rappelé à une bourgeoise parisienne qui voudrait se prétendre ici chez elle, que la Bretagne reste et restera une terre antifasciste. Par on ne sait quel miracle aucun affrontement n’a eu lieu mais l’esprit était bien à la révolte populaire contre l’extrême droite.

Dans le Finistère par contre, à Pont-de-Buis plus précisément, les casqués de l’Etat français ont dû faire face à une nouvelle révolte des Bonnets Rouges. Au niveau du portique de l’écotaxe sur la 4 voies entre Quimper et Brest, un millier de manifestants ont occupé la route durant toute la journée du 26 octobre. Le but était de faire tomber le dernier portique du Finistère encore debout, 150 gendarmes mobiles les en ont malheureusement empêché ; mais les manifestants ont prévenu que ce n’était qu’une question de temps. Des combats ont eu lieu dans la matinée, puis une trêve a été négociée, puis les combats ont repris de plus belle. Les journalistes de France 3 Bretagne parlaient même de scènes « apocalyptiques », et oui un peuple en révolte ça impressionne. Deux manifestants ont été gravement blessés et évacués ; le siège s’est finalement terminé dans la nuit de samedi à dimanche. Le tocsin sonne dans les campagnes au nom d’une simple revendication aussi vieille que la gauche bretonne : vouloir vivre et travailler au pays. Le rendez-vous est maintenant donné à Quimper le 2 novembre à l’occasion d’une manifestation pour l’emploi en Bretagne.

La réponse populaire face à l’écotaxe est donc la révolte, c’est maintenant au tour de l’Etat de s’exprimer. Pour l’instant il semble ne pas vouloir infléchir ses positions, il y a deux forces qui se font face et la collusion promet d’être violente. On attend maintenant de voir comment le contexte va évoluer d’ici le 2 novembre, mais pour l’heure rien n’est à l’apaisement, ni d’un côté ni de l’autre. Pour conclure ce weekend de révolte, la Bretagne se repose sous des tumultes d vent et de pluie comme on n’en a pas vu depuis longtemps. Demain la tempête sera passée et une apparence de calme régnera ; mais en écoutant le silence retrouvé, nous aurons ici à l’esprit que le calme ne sera bien qu’une apparence.

- Image : Scène de guérilla contre l’écotaxe  © Maxppp

Alan Ar Cloarec