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Un printemps Burkinabé (OFFERT !)

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Article OFFERT issu du
N°31 – Nos souhaits d’un automne explosif

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En février 2011, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les révoltes du Printemps Arabe, une partie du peuple Burkinabé a bien essayé lui aussi de briser les chaines de la dictature.

Suite à l’assassinat d’un élève par les policiers le 22 février 2011, des manifestations éclatent dans le pays pour réclamer une enquête sur cette mort ainsi que la fin des impunités policières. Les faits ont des parallèles réels avec les révoltes en Egypte et en Tunisie : la mort d’un jeune déclenche des manifestations ; un pouvoir autoritaire qui ne se renouvelle pas ; la volonté de faire tomber le pouvoir ; etc.

Le contexte est somme toute assez proche également : depuis plus de 20 ans, Blaise Compaoré exerce un pouvoir sans partage au sein du Burkina Faso : les opposants politiques sont fréquemment assassinés et alors que la misère populaire s’est installé durablement, le clan Compaoré ne cesse lui de s’enrichir. Dans le même temps, la corruption est une réalité quotidienne. Sur le plan de la sécurité intérieure, plusieurs révoltes et manifestations s’étaient terminées dans le sang au cours des années 1990 et 2000. La grève à l’université de Ouagadougou en 2008 s’était soldée par une reprise en main brutale de l’établissement scolaire et par la suppression de plusieurs acquis sociaux telles que les prestations sociales étudiantes. Lorsque cet élève est assassiné, des manifestations étudiantes, soutenues par des ouvriers réclament justice et s’en prennent violemment à des commissariats de plusieurs grandes ville. Début mars, c’est tout le pays qui s’embrase et certaines administrations sont la cible des manifestants, faisant plusieurs morts parmi les jeunes.

Fin mars, suite à une décision de justice, certains militaires forment eux aussi un escadron de manifestants et s’en prennent violemment à certaines officines du pouvoir et à des propriétés appartenant à des dirigeants. D’avril à juin, les combats font plusieurs morts et malgré des remaniements politiques et des négociations, Blaise Compaoré ne parvient pas à enrayer les manifestations. Il cherche à reconquérir la rue en organisant des procès pour corruption et des condamnations sont prononcées contre des policiers. C’est la première fois dans l’histoire burkinabè que des révoltes éclatent avec une telle intensité sans qu’aucun syndicat ne parvienne à contrôler les manifestations.

Albert Richon, publié dans Actualutte n°31

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