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Roms, des cadavres et des questions

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Dans la nuit du 12 au 13 mai, une usine désaffectée de Lyon dans laquelle vivaient près de 200 Roms depuis plusieurs mois, a pris feu, faisant trois morts. Cet accident tragique n’est que la conséquence d’une décision préalable prise par le Maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb : couper l’électricité pour des raisons de sécurité en vue d’une expulsion à venir. Refusant que ces derniers utilisent un distributeur électrique, ils ont dû s’éclairer à la bougie ce qui a, de fait, provoquer un incendie mortel.

Très rapidement, ministres et figures locales arrivent sur les lieux : Taubira, Valls, Colomb, etc. Aucun d’entre eux ne viendra s’inquiéter du sort des malheureux morts peu de temps avant, aucun regard ni mot ne sera échangé avec la famille endeuillée. Pire, dans le discours qui suit, le Ministre de l’Intérieur souhaite poursuivre sa politique de démantèlement, sans se soucier une seule seconde de la tragédie qui s’est joué pour quelques personnes et de la souffrance qui envahissait les victimes.

 Lyon est une place tristement célèbre pour les Roms : après les gazages subies par certains d’entre eux, la garde-à-vue d’un bébé ou la ghettoïsation d’autres, voilà un incendie provoqué par la négligence des pouvoirs publics, et ce en dépit de la circulaire du 26 août dernier qui prévoyait la réalisation de diagnostic pour tous les campements de France. Dès le lendemain de la tragédie, une autre expulsion sera exécutée sous les ordres de l’éternel préfet Carenco, déjà en poste sous Sarkozy.

 Voilà ce que fait Manuel Valls : il « continue le travail », celui d’une extrême-droite qui a réussi à s’immiscer dans les interstices de chaque ministère, que celui-ci soit dirigé par un homme de droite ou de gauche. Une politique aveugle du chiffre, de l’expulsion, de la stigmatisation, dont les cadavres déjà nombreux n’ont pas fini de s’entasser.