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Des nouvelles de l’absurde « procès » contre IAATA

IAATA

L’aveu de l’absurdité de la répression par les magistrats : « J’abdique »

Cette fois-ci, c’est sur internet que la justice cherchait à créer de nouveaux coupables. Voilà comment un Toulousain de 40 ans, usager/utilisateur de médias libres, s’est retrouvé face aux juges ce 29 juin.

Le procès n’aura même pas eu lieu … « J’abdique », a déclaré le parquet en ouverture du procès ce lundi 29 juin contre la personne qui était suspectée de diriger la publication du site d’information toulousain IAATA (Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours), d’avoir publié en ligne un compte rendu de manif et tenu des propos concernant la protection et l’organisation des manifestants face aux violences policières.

Cette personne, arrétée le 6 mai chez elle à 6h30 du matin, a subi 10h de garde à vue et s’est vue accuser de « provocation publique à la commission d’un délit ou d’un crime ». Elle encourait 5 ans de prison et 40 000 euros d’amende. Les accusateurs ont plié devant les conclusions envoyées par la défense avant même l’audience.

Il s’agissait, par ce procès, d’attaquer les médias libres (radios, journaux et sites internet indépendants) parce qu’ils sont des outils pour penser par soi-même, pour partager, pour s’organiser et cesser de croire que les médias de masse, ceux-là mêmes qui imposent un prêt à penser unique, uniforme, univoque, sont un outil de compréhension. Les magistrats voulaient, par cette attaque, intimider celles et ceux qui protestent contre les violences policières et la mort de Rémi Fraisse.

Dans un contexte de surenchère répressive, le 26 octobre 2014, sur les terres d’un projet de barrage à Sivens (dans le Tarn) considéré par de nombreuses enquêtes comme démesuré et inutile, un manifestant, Rémi F. est tué par la gendarmerie. 150 gendarmes mobiles sur-armés avaient été déployés ce weekend du 25-26 octobre alors qu’un rassemblement festif était organisé, des centaines de personnes attendues, et qu’il n’ y avait strictement rien à protéger au milieu de cette forêt (ou plutôt du paysage lunaire d’une forêt dévastée par le Conseil Général).

Rémi, 21 ans, étudiant en botanique, est tué dans la nuit par une grenade offensive qui lui explose dans le dos, coincée par son sac. Ce type de grenade, les gendarmes en ont lancé au moins 4 ce jour là et ce dès 4h de l’après midi. N’oublions évidemment pas les dizaines de grenades lacrymogènes, assourdissantes ou de désencerclement lancées sur des centaines de manifestants ahuris par ce spectacle de guerre. Que ces armes soi disant « non létales » restent coincées dans un sac à dos n’est pas un cas isolé.

S’ensuit à Toulouse une série de manifestations très « encadrées » par les forces de l’ordre et réprimées par la justice. Bilan (provisoire) : 1 mort, des dizaines de blessés, 69 arrestations, 40 procès (dont 2 personnes jugées pour attaques de calins…), des dizaines de milliers d’euros d’amende, des mois de prison avec sursis, 9 personnes écrouées et des procédures toujours en cours.

La mécanique est bien huilée et archi connue : un bouc-émissaire, un « ennemi » créé de toutes pièces, poursuivi afin de dissuader des gens « coupables » de pratiques collectives, pour étouffer toute velléité d’action critique et créer du repli et de la peur.

Face au déploiement de l’arsenal répressif, face à la stratégie de la tension, pour les procès à venir, il est essentiel de ne pas rester isolé-e face à la justice, de continuer de s’organiser et de se soutenir.

Se solidariser face à la répression généralisée contre les militants, les mouvements et lieux associatifs, c’est aussi défendre ces espaces de réflexions que sont les médias libres, qui diffusent un large éventail de courants de pensées, traitent de la réalité du terrain, et décortiquent les rapports concrets de domination .

Très longue vie aux médias libres !

Zo Makhno

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