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Un hacker d’Anonymous source de Wikileaks condamné à 10 ans de prison

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Jeremy Hammond, un hacker affilié aux Anonymous qui avait diffusé des informations sensibles à Wikileaks a été condamné par la justice américaine à 10 ans de prison suscitant l’indignation d’organisation de défense des Droits Humains.

Connu en ligne sous son pseudo Anarchaos, Jeremy faisait partie d’une équipe qui avait fourni à WikiLeaks des milliers d’emails sensibles, notamment un acte d’accusation préparé contre Julian Assange et des messages internes de Stratfor, une entreprise spécialisée dans le renseignement basée au Texas. Les messages sensibles provenant de Stratfor montraient que l’entreprise surveillait plusieurs militants écologistes à Bhopal en Inde ainsi que des activistes d’Occupy Wall Street ou de la PETA, l’organisation de défense des animaux. Les coordonnées bancaires de 860 000 clients de Stratfor avaient également été dérobées avant d’être utilisées pour effectuer 700 000 dollars de dons à des ONG. L’activiste a été arrêté le 5 mars 2012 grâce aux informations fournies par « Sabu », une taupe du FBI au sein des Anonymous.

En mai dernier, le hacker reconnaissait être impliqué dans le piratage de la société de renseignement. Il a été condamné vendredi à 10 ans de prison, le maximum encouru en vertu des lois américaines antipiratage, jugées par beaucoup comme extrêmement sévères. Pour Jeremy, il s’agit d’un « acte de vengeance » qui vise à dissuader d’autres hackers d’agir. L’Electronic Frontier Foundation a dénoncé la lourdeur de la condamnation, rappelant que le hacker ne s’était « pas enrichi » de ses actes.

« J’ai agi de la sorte, car je pense que les gens ont le droit de savoir ce que les gouvernements et les entreprises font derrière des portes fermées. J’ai fait ce que je pensais juste. [...] ils ont été très clairs : ils essaient d’envoyer un message à ceux qui voudraient m’imiter. Cela s’explique notamment parce qu’ils ont été ridiculisés, embarrassés par les Anonymous, et ils ont besoin de sauver la face » a-t-il déclaré au Guardian la veille de sa condamnation.

À noter que le procès a été entaché de soupçons de conflits d’intérêts puisque le mari de la juge chargée du dossier est employé par un cabinet d’avocats travaillant en étroite collaboration avec la firme Stratfor. Il était ainsi lui-même concerné par les courriels publiés par Wikileaks.

Une plateforme de soutien a été lancée à l’adresse http://freejeremy.net/

- Crédit photo Freejeremy / C