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Le cauchemar de Darwin (OFFERT !)

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Nous  faisons partie de la faune de ce monde, et à ce titre, nous sommes des  « animaux », évolués certes, mais des pensionnaires du monde qui nous  héberge au même titre que les autres. En tant que tels, nous partageons à  la fois l’espace et le temps, et nous disposons dans nos gènes d’un  instinct grégaire qui, comme pour les autres mammifères, nous permet de  vivre en « tribus » plus ou moins structurées, qui nous assurent  protection et vie sociale, et qui nous permettent d’évoluer vers ce que  je nommerai l’homo sapiens-sapiens humanisé. Mais que de route à  parcourir avant de quitter définitivement ce statut d’animal aux  instincts plus forts que la raison, à la violence plus forte que son humanité, et à l’égoïsme plus développé que la  fraternité et le respect des « frères » qui nous entourent, qu’ils  soient humains ou non.
Un regard sur les comportements des hommes, et  l’on voit que la route qui nous sépare de l’homo  sapiens-sapiens humanisé, se perd dans le lointain du futur, et il  n’est pas sûr qu’on y parvienne, tant nous détruisons vite ce qui nous  entoure.

Délocaliser pour le profit : tant pis pour les faibles

Depuis 2002, les entreprises du CAC40 ont multiplié leur bénéfices de  plus de 1000% et voient cette année encore une embellie non négligeable  de leurs profits,  nouveaux cadeaux aux actionnaires en perspective…
Bien  que l’argent entre et coule à flot dans les caisses, ces grosses  entreprises continuent de délocaliser leur production afin de profiter  des bas salaires pratiqués dans les pays où la protection sociale  n’existe pas, où les salaires sont très bas et la défense des ouvriers  (syndicats, droit du travail) inexistante. Ceci a pour conséquence bien sûr de laisser sur le carreau social et économique des centaines, des  milliers d’ouvriers chez nous, qui ont passé une grande partie de leur  vie au service des dites entreprises, et qui se retrouvent du jour au  lendemain « remerciés », sans plus de revenus pour payer maison, études  des enfants, nourriture et divers crédits qu’on leur alloue pour bien  les enchaîner à leur statut d’exploité. Ces entreprises qui reconvertissent  la détresse de leurs employés en richesses personnelles, profitent en plus de pays où la démocratie n’est pas encore installée, pays qui  finissent comme la Chine ou le Maghreb par exemple, par leur dérober  leurs outils de production délocalisés sur place pour leur propre compte, et souvent en plus  pour créer des contrefaçons qui iront inonder nos marchés et qui  profiteront à une élite sociale qui a su investir dans ce nouveau rêve capitaliste. L’arroseur arrosé, des loups dans la bergerie…
Pendant ce temps, des destins brisés des deux côtés du monde,  certains par l’inobservance des valeurs  humanistes par un groupe de privilégiés, d’autres par l’exploitation outrancière voire de  l’esclavage moderne.

Vietnam : crevettes aux antibiotiques contre production de riz.

Au Vietnam, où les conditions climatiques et environnementales sont  favorables à l’élevage des crevettes, il aurait été aisé de créer des unités de production de crevettes d’élevage de très bonne qualité, qui aurait pu  profiter à tout le monde, producteurs et consommateurs. Au lieu de ça,  de gros producteurs ont inondé d’eau de mer les champs des producteurs  de riz, petits paysans qui produisaient pour leur compte, afin de les exproprier de force pour créer des élevages de crevettes. Ils ont poussé  le vice jusqu’à les réemployer comme éleveurs, employés sur leur propre  terre, mais en leur permettant quand même de cueillir un peu de la  production pour leur consommation personnelle. Pour augmenter la  production, produits chimiques et médicaments sont largement utilisés,  afin de pouvoir vendre même la pire qualité de crevette au prix fort. On observe du coup une destruction d’écosystèmes millénaires telle  la mangrove, car les pratiques chimiques et d’élevage se font au  détriment de l’environnement.
Des pratiques millénaires effacées, une économie d’auto-suffisance détruite, un esclavage né de l’expropriation par de gros producteurs de paysans cultivateurs, et une production pour l’exportation d’un produit qualitativement dangeureux à terme : un bon exemple d’une économie libérale au Vietnam.

Du « bon » filet pour le Nord, de l’ammoniaque pour les autochtones.

Les pays occidentaux, plus riches que  ceux du Sud, sont friands de  poisson. Alors s’est développé dans la zone africaine du Nil, d’immenses élevages de perches,  dont on revend uniquement les filets aux pays du Nord. La perche étant un  prédateur, elle a tôt fait de dévorer les espèces indigènes, ce qui a  fait disparaître une pêche traditionnelle qui nourrissait depuis des centaines d’années les autochtones.
Les filets prélevés, on rejette le reste et on  trouve de vastes décharges de déchets (têtes et arêtes de  perches) près des usines de traitement des filets, qui sont juste jetés là, à même le sol, dans un premier temps. Finalement une  activité économique s’est développée autour de ces restes, qui  finissent comme aliments pour les familles pauvres employées ou non par  les riches industriels qui exploitent ces élevages. Autour des usines, on peut voir   d’immenses champs d’où se dégage un nuage d’ammoniaque et les  malheureux qui ramassent les ordures de poisson ont les yeux et la peau  brûlés par les vapeurs. Ces restes sont consommés dans cet état par les  populations locales, bien que des risques sanitaires existent. On peut  aussi observer une pollution de l’eau et de l’environnement à proximité de  ces décharges alimentaires, ce qui crée des complications sanitaires pour les organismes les plus faibles.
Cela ne gêne en rien les entreprises venues du Nord (Europe, Etats-Unis) qui surexploitent la  main d’œuvre locale tout en détruisant des équilibres écologiques et  des pratiques ancestrales de pêche et de commerce ou de troc.

Vous n’aurez pas ma fleur : ni mon manioc ni mon poisson d’ailleurs.

Ah les jolies fleurs de la fête des mères ou de la Saint-Valentin…
Il est très possible qu’elles viennent du lac Victoria, traversé lui aussi par le Nil, et  qui subit à son tour de grave problème de pollution. Comme la production  de fleurs dont sont friands les pays du Nord et d’Asie se fait de manière intensive, au détriment de la faune et la flore locale, on observe plusieurs phénomènes :
D’une part, les produits utilisés pour améliorer les rendements polluent  les eaux du lac, ce qui pose des problèmes à la fois sanitaires – liés à  la consommation de l’eau – et écologiques – destruction de la faune et la flore du lac et prolifération des hyacinthes d’eau.
D’autre part, les populations locales traditionnellement pratiquaient la  pêche et la culture alimentaire. Aujourd’hui il leur est impossible de  subsister grâce à ces activités qui ont disparu, et on remarque même un  recul des berges du lac, tant le déséquilibre écologique mondial et  local a des influences néfastes sur la vie même du lac. Obligés de  travailler à la production des fleurs pour les pays riches, ces  populations perdent à la fois leur cultures alimentaires et leur pêche  traditionnelle au profit d’une activité qui détruit leur environnement.
Encore une fois, des populations ont perdu leur auto-suffisance, leur autonomie économique, voient leur environnement se dégrader à grande vitesse et se retrouvent du coup en quasi esclavage pour subsister.

Où l’argent justifie le poison :

Un pays est passé maître dans l’art de truquer la qualité des produits dont il inonde les marchés mondiaux : la Chine.
Ce pays en passe de devenir le numéro Un mondial, devant les Etats-Unis,  fait peur à tout le monde (il est d’ailleurs propriétaire pour une  grande part de la dette Américaine). Face à sa nouvelle puissance économique et financière, les plus grands pays du monde cèdent à son chantage : c’est à la fois un grand marché pour y vendre des biens de consommation, des technologies et on est donc peu regardant aux problèmes des droits de l’homme et du concept de « citoyen » et aussi un monstrueux supermarché potentiel où on peut s’approvisionner à moindre frais.
Alors on laisse passer à nos  frontières des cargaisons de produits dont on sait qu’ils sont non  seulement de mauvaise qualité, mais qu’il sont dangereux et qu’ils représentent des risques sanitaires majeurs. Il y eut  l’affaire des fauteuils empoisonneurs, du lait contaminé, des crevettes  traitées à l’eau de javel, des jouets truqués pour convenir aux normes  européennes, mais dangereux pour les enfants, la contrefaçon…etc
Ce pays qui a accueilli fut un temps les entreprises américaines et  européennes trop contentes de faire des profits monstres grâce au  miracle social de la dictature chinoise peu regardante à ce propos, s’est mué en hydre pour ces mêmes entreprises…
Avec les chaînes de production délocalisées sur place, les composants de base des  biens à produire ainsi que les compétences acquises par la population  locale, la chine a volé la production de ces biens aux entreprises qui doivent maintenant leur racheter ce qu’elles fabriquaient naguère sur  place.
Les chinois poussent même le vice jusqu’à produire des contrefaçons de  biens alors même qu’ils sortent d’autres usines les versions normales. Le grand danger vient aussi des contrefaçons de pièces de haute technologies (avions, voitures..), de produits alimentaires pour lesquels aucune norme sanitaire n’est ni imposée ni respectée, de produits cosmétiques dont on ignore souvent la composition, dont la traçabilité une fois les éléments arrivés dans les chaînes de transformation ou de fabrication est devenue invisible et pollue ou fragilise le bien complexe final. Les pays émergeants en sont souvent les plus grandes victimes, mais même dans les pays du Nord, de nombreuses industries alimentaires, technologiques, médicales, souffrent de cette pollution et de ce manque de traçabilité.
Pour les médicaments il en va de même. Ils sont prêts à empoisonner ou  laisser mourir - si le médicament n’a aucun effets positif sur les  pathologies - des populations entières, surtout d’ailleurs celles des  pays en voie de développement qui n’ont pas les moyens de la recherche  ou de l’achat de molécules trop chèrement vendues par les laboratoires américains ou européens.
Ainsi, voit-on des pays africains inondés de simili médicaments contre le sida, l’hépatite, ou d’autres pathologies potentiellement mortelles et ni l’Europe, ni les Etats-Unis ne sont à l’abri de ces produits pervertis qui se glissent grâce aux industriels ou parfois aux mafias, dans le circuit légal.
Quand on pense qu’il suffirait qu’on ne leur achète plus de produits pollués pour qu’ils n’en vendent plus…

L’élevage pourri la mer, le moderne tue l’ancestral…

Des sangliers morts sur la plage. Des cochons qui tuent des sangliers, ou  plutôt des éleveurs de cochons qui tuent par la bande des sangliers.
Nourries par le lisier de porc qui vient polluer l’eau qui retourne à la  mer, les algues vertes prolifèrent de façon incontrôlable et viennent  encombrer les plages et dégager des vapeurs nocives à la fois pour l’homme et les animaux - voir également les cas de chevaux morts.  Plutôt que de changer les méthodes d’élevage, les producteurs de porcs préfèrent nier l’évidence et les communes, au frais des contribuables, doivent donc désherber leurs plages qui seraient sinon désertées par les touristes – ce qui ne manque d’ailleurs pas de se produire. Des sommes  considérables sont ainsi prélevées sur les deniers publics au profit  finalement d’intérêts privés, sans toutefois résoudre le problème de  fond : le lisier et les phosphates nourrissent les algues vertes. Il  faut maintenant jeter un œil du côté des éleveurs de poulets qui ne sont  pas en reste eux non plus quant à la pollution des nappes phréatiques  et donc des terres arables et des ressources en eau potable et d’arrosage. Toutes ces pratiques d’élevage industriel se font au détriment de la santé publique, et ont un coût sur la sécurité sociale pour laquelle nous cotisons aussi. Mais les profits engendrés par ce type d’élevage sont immenses et le pouvoir des lobbies n’est pas étranger à leur pérennisation.

Dis moi ce que tu manges, je te dirai de quoi tu vas mourir…

Les phosphates ne sont pas le seul problème posé par l’élevage intensif  d’animaux. Afin d’obtenir plus de viande, plus vite et au moindre coût,  les éleveurs ont trouvé un moyen imparable : gaver leur bêtes de médicaments pour faire baisser la mortalité, pour les faire gonfler (et  non grossir) plus vite et plus, en leur donnant à manger des substances  habituellement non dévolues à leur alimentation – exemple avec les  farines animales pour les bœufs ruminants.
Le contrecoup, outre le fait que la viande soit de très mauvaise  qualité, soit gorgée d’eau plutôt que de protéines, est que les  antibiotiques dont les animaux sont gavés restent dans leur chair après l’abattage et deviennent du coup inopérants pour l’homme quand il en a  besoin pour une infection lambda. Non seulement les bactéries deviennent résistantes à ces antibiotiques issues des animaux mais notre corps ne sait plus les utiliser pour se défendre puisque présents en grosse quantité depuis trop longtemps dans notre organisme, ce qui a habitué les agents pathogènes à leur présence et les rend inefficaces.

Des légumes pleins de vitamines ? cinq doses chimiques par jour.

Les  producteurs de légumes sont entrés aussi dans ce processus. On a vu le  scandale des fraises espagnoles du côté de Huelva, où les environs des serres sont entourés de décharges emplies de bidons de produits chimiques, ou les cagettes de pêches espagnoles à bas prix, qui sont étiquetées par des grossistes ou exploitants français comme provenant de France. Dans nos vergers aussi, la pousse artificielle des fruits et légumes qui finissent dans nos assiettes, avec l’apport de vitamines que l’on  imagine, se fait au détriment de la qualité et du goût, mais toujours au service  du profit.
Des tomates qui doivent tenir et pouvoir voyager, mais dont on se soucie peu de la qualité; des pêches qui ne doivent pas tâcher ni marquer, cueillies  trop tôt, résistantes aux parasites, mais inodores et sans goût; de  grosses fraises, bien rouges, qui tiennent des jours mais qui n’ont de  fraise que le nom: voilà à quoi conduit la chasse au profit, sans jamais  tenir compte des risques et désagréments que l’on fait courir aux  consommateurs.
En Afrique, en Amérique latine, on a remplacé les cultures locales par celle  des betteraves, du maïs, servant à fabriquer du carburant pour véhicules, mais cette production de biens alimentaires affame en fait les populations locales, car il ne reste plus d’espace ni de main d’oeuvre pour produire ce qu’il faut d’alimentation pour la population locale. Les bénéfices amassés par la  vente de ces bio-carburants encore une fois ne profite qu’à une petite  fraction de privilégiés, fréquemment liée par contrat avec de grosses entreprises qui leur rachètent les productions.
Voilà de quoi nous sommes capables… A l’origine, la rationalisation de la production, l’amélioration de l’élevage, les améliorations des techniques de pêche, devaient permettre une plus grande quantité de biens alimentaires, de biens de consommation, pour le bien être des êtres humains. On a oublié que le progrès ne vaut que s’il est partagé, réparti équitablement, pour le bien du plus grand nombre. On a juste oublié un détail : c’est l’humain qui doit être au centre du progrès, dans le respect de la faune et la flore, et non le profit.
Seule consolation, si l’homme reste cette peste noire qu’il est pour lui-même et son environnement, il scie la branche sur laquelle il est assis et il participe à sa propre disparition.
Etre civilisé ou disparaître, devenir Humain ou disparaître, telle est l’alternative.

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