Ecologie selon Macron : Bonneto fiscal

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    On ne reviendra pas sur l’impréparation et l’encadrement à long terme de l’augmentation « écologique » du prix du carburant nécessaire pourtant pour que les véhicules à essence, diesel ou gpl soit peu à peu abandonnés au profit des véhicules hybrides ou électriques dans lesquels la France a pris un retard abyssal en terme de recherche, construction écologique, réseau de recharge, baisse drastique des prix de revient donc de vente aux particuliers.

    On ne reviendra pas non plus sur l’isolement de plus en plus prégnant d’une grande partie des populations des régions auxquelles sont retirés les services publics fondamentaux tels que postes, écoles, hôpitaux, médecins, magasins de proximité, trains, administrations diverses, ou tout simplement éloignement des emplois.

    Bonneto

    Mais avec la TIPCE, puis cette nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers, l’État dispose désormais d’un fonds de roulement important pour financer l’éclosion et le développement de tout ce qui manque pour rendre cette transition écologique plus supportable pour ceux qui ont peu de choix de mobilité ou de moyens financiers.

    À y regarder de plus près, dans les choix exprimés dans le Budget 2019, on peut observer vers quoi seront dirigées les sommes ainsi récoltées par le gouvernement.

    La TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) va augmenter de 3,9 milliards par rapport à 2018.
    Mais cette TIPCE va elle aussi être taxée … ou comment taxer une taxe : Par le biais de la TVA sur la TIPCE, l’État va récupérer encore 345 millions d’euros. La TIPCE ramènera donc 4,2 milliards supplémentaires en 2019 à l’État, aux environs de 37,7 milliards d’euros.

    En ce qui concerne les aides accordées par l’État, le chèque énergie dispose d’un bonus global de 120 millions d’euros. Le compte d’affectation spéciale écologie et la mission écologie recevront 280 millions supplémentaires pour un total 7,3 milliard d’euros (+ 1,3%). Soit un effort total pour les aides de 400 millions d’euros. Le crédit d’impôt pour la transition écologique (CITE) va passer de 1,7 milliard d’euros à 880 millions d’euros, soit une baisse de 50%…

    Les ponctions augmentent donc de 3,9 milliards d’euros, et l’effort écologique baisse lui de 400 millions. Et le milliard de taxe sur le gasoil non-agricole financera le forfait social des entreprises sur la participation et l’intéressement.

    Au final, le compte d’affectation spécial « transition écologique » – qui doit notamment financer les énergies renouvelables – reste le même que l’an dernier, soit 7,2 milliards ou 19% du montant global !

    En définitive et pour bien enfoncer le clou, un extrait d’un document annexe du Budget détaille que :
     » (la hausse des taxes carbone) contribuera au financement des baisses de la fiscalité pesant sur le travail et le capital en vue de favoriser l’emploi et l’activité« . Le rapporteur du Sénat rappelle qu’ « entre 2014 et 2016 la hausse des produits de la fiscalité énergétique a principalement servi à compenser une partie du coût du CICE accordé aux entreprises » !

    Autant il est évident qu’un disfonctionnement structurel, prévisionnel et idéologico-politique est la cause de cet écart entre les idées, les déclarations et la réalité de l’utilisation des fonds, autant il est aussi clair qu’il faut construire un projet, une vision à long terme avant de prendre des mesures d’urgence qui ne servent en définitive qu’à combler l’incurie de l’État.

    Sources :
    Canard Enchaîné du 7/11/2018
    Marianne
    Finagaz
    Actu Environnement
    La gazette des communes