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Contre l’austérité, construire les solidarités européennes

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8 octobre : Meeting Européen anti-austérité

À la veille du vote sur le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG ou Pacte Budgétaire Européen) à l’Assemblée nationale, le « Collectif contre le traité européen » réunit des responsables associatifs, syndicaux et politiques européens, tous engagés dans la lutte contre les mesures d’austérité annoncées par les gouvernements au nom de la dette. Fort de la mobilisation exceptionnelle à la journée du 30 septembre à Paris, où plus de 80 000 personnes ont défilé pour dire « NON » au TSCG, le Collectif se considère légitime pour porter ce combat.

« Il ne s’agit pas d’un mouvement anti-Europe mais bien d’une mobilisation pour combattre l’Europe néo-libérale par un arc de force politique et social » expliquent Thomas Coutrot, coprésident d’Attac France et Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, deux des 65 organisations (associations, organisations syndicales, partis politiques) qui composent le Collectif. Il s’agit de lutter contre les plans d’austérité dont tout le monde sait qu’ils mènent à plus de récession et d’en prévenir les conséquences catastrophiques pour les peuples. Plus de précarité de l’emploi au nom de la compétitivité, la perte des acquis sociaux, une forte paupérisation de tous les peuples de la zone Euro – et pas seulement des pays du Sud comme certains pourraient le penser – voilà ce qu’a concocté l’Union européenne avec ce nouveau traité.

Le Collectif annonce d’ores et déjà un calendrier de mobilisations fortes dans les prochains mois, et ce dans toute l’Europe. Pour Eric Coquerelle (Parti de Gauche), « la bataille s’engage jusqu’en décembre 2012 pour faire échouer ce traité, qui vaut deux fois le plan Fillon ! ».

La nécessité de l’éducation populaire

En 2005, le référendum sur la Constitution de l’Europe posait la question «Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ?». Question à laquelle près de 55% des Français avait répondu « non ». Du coup, plus de référendum, depuis le Traité de Lisbonne jusqu’au TSCG, on ratifie sans l’avis du peuple. Pas très démocratique… Un référendum permet aux citoyens de s’exprimer, mais aussi et surtout de s’intéresser à la question et de s’informer. « Il va y avoir beaucoup de travail sur l’explication du TSCG, il va falloir engager une éducation populaire auprès des salariés » explique Catherine Lebrun de l’Union syndicale Solidaires. « En effet, il faut faire comprendre aux gens le TSCG en présentant ses impacts directs sur la vie quotidienne » ajoute Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF).

Rappeler au gouvernement ses engagements

« Les mesures engagent la France sur une mauvaise voie » estime Pierre Khalfa. François Hollande a été élu notamment sur la promesse faite aux partenaires et aux Français de renégocier le Traité. « Pour nous, c’est un plan bancal qui s’est effondré » dénonce Laurent Saint-André d’Europe Ecologie Les Verts. Alors faut-il rappeler au Président Hollande qu’il a peut-être un peu rapidement cédé sous la pression allemande ? Pour Olivier Besancenot (NPA), il s’agit « de s’engager à lutter ensemble contre ce tournant libéral assumé. C’est aussi l’occasion de planter le drapeau de l’internationalisation ». Le Porte-parole du NPA rappelle la première victoire du peuple portugais qui, en défilant dans la rue par centaines de milliers, a obtenu une révision des mesures d’austérité.

Lutter contre le racisme, le nationalisme et les régressions sociales

Toujours selon Olivier Besancenot, il est important d’unir les forces de Gauche de tous les pays d’Europe afin d’offrir une alternative aux « déçus » des politiques actuelles et éviter qu’ils ne se réfugient dans des mouvements néo-fascistes. Pour Christiane Marty, de la Tournée des Féministes européennes, « la précarisation de l’emploi des femmes, notamment dans les pays du Sud comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne, tend à faire régresser les acquis sociaux obtenus ces quarante dernières années ».

La Confédération européenne des syndicats (CES), s’était quant à elle, dès le début de l’année 2012, opposée à ce nouveau traité, affirmant « qu’il réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage ».

Construire des solidarités concrètes entre peuples européens

Ce 8 octobre, c’est dans un esprit de solidarité et d’échange que se rassemblent ces personnalités européennes du monde associatif, politique, syndicaliste, afin de mutualiser leurs témoignages et leurs propositions pour bâtir ensemble une autre Europe. Une Europe sociale, affranchie de la tutelle des marchés financiers. Ce meeting est une étape importante dans le processus de mobilisation et chacun des participants sait qu’il ne faudra pas lâcher, même si la route est longue.

Meeting Européen du lundi 8 octobre 2012 à Paris – Espace Reuilly, Paris 12e

« Contre l’austérité, construisons les solidarités européennes »

Animation par Aurélie Trouvé (Attac France) et Pierre Khalfa (Fondation Copernic)

avec

Jorge Aranda Arana (syndicaliste, Espagne, Movimiento 15M)

Sylviane Dahan (Tournée des féministes européennes contre l’austérité)

Philippe Lamberts (député européen et porte parole du parti vert européen)

Pierre Laurent (président du Parti de la Gauche Européenne)

Steffen Lehndorff (co-initiateur de l’appel de chercheurs et syndicalistes « Refonder l’Europe », Allemagne)

Marianna Mortagua (Attac Portugal)

Felipe Van Keirsblick (syndicaliste, Belgique, coordinateur de l’AlterSummit)

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