Les #Saisonniers emplissent les caisses de la #CGTet de la #FNSEA

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    Il n’est pas question ici de pratiquer du « syndicat bashing », mais de dénoncer des pratiques douteuses de la part d’organisations dont le but est de défendre l’intérêt des travailleurs et non d’en tirer quelque profit que ce soit.

    Cet abus concerne les 700 000 saisonniers de l’agriculture, qui n’ont que quelques mois pour assurer leur salaire annuel, en participant aux cueillettes ou ramassages des fruits et légumes, soit quatre ou cinq mois.

    Comme la saison est courte et la quantité à ramasser ou cueillir est énorme, ces saisonniers ne rechignent ni à la tâche, ni au nombre d’heures à effectuer pour couvrir les récoltes. En 2002, un accord est signé entre la FNSEA et cinq fédérations syndicales qui permet de ne pas payer les heures supplémentaires au tarif légal, en créant un « contrat à durée déterminé intégrant un droit à la formation ». Ce qui se traduit par le fait que « le paiement des bonifications et majorations pour les heures supplémentaires effectuées est remplacé par un droit pour le salarié à bénéficier d’une action de formation ».
    Cette formation est financée par des fonds mutualisés, et est versée à la fin du CDD ; elle ne coûte donc rien aux agriculteurs.

    A cet effet, une association à but non lucratif – Provea – a été créée. Domiciliée au siège de la FNSEA, elle se finance par une cotisation obligatoire de 0,2% sur la masse salariale. Sa tâche principale est de répartir l’argent récolté grâce à ces 0,2%, soit 14,7 millions d’euros annuels.

    En tant que seul syndicat patronal reconnu dans l’agriculture, la FNSEA récupère à elle seule 8 millions d’euros. Ni la Confédération Paysanne, ni la Coordination Rurale ne sont concernées par cette manne financière. Pour ce qui concerne les syndicats, la fédération de l’agriculture CGT se voit verser 1,1 million d’euros – bien plus que les autres syndicats – ce qui fait dire au responsable juridique de la Confédération paysanne que « c’est une pompe à fric. Il n’y a aucun doute là-dessus ».

    Donc, Provea reverse le million à la confédération paysanne de la CGT. Mais dans les comptes de la fédération 2015, votés par son congrès, n’apparaîssent que 453 000€. Total supérieur à celui des années précédentes par parenthèses, où n’apparaissait que moins d’un tiers de la somme reversée. Dans les livres de compte de Provea, on voit pourtant le versement total effectué et encaissé.

    Fréddy Huck, ex-secrétaire général de la fédération explique difficilement que « nous avons créé un institut d’études qui a une personnalité propre, l’Iresa … Provea, qui est un organisme paritaire, verse les sommes à la fédération qui les dispatche ». Mais dans les comptes de Provea, nulle trace d’un versement vers l’Iresa …

    Quand aux 543 000 €, selon Freddy Huck, l’argent « donne des moyens aux organisations syndicales pour qu’elles mènent leurs multiples activités ».

    Pour un syndicat qui doit défendre les intérêts des travailleurs – les saisonniers de par leur précarité en font partie – on est en droit de se demander si l’intérêt particulier du syndicat ne passe pas avant l’intérêt général des travailleurs précaires et de leur droit à la formation pour justement sortir de cette précarité situationnelle et salariale.

    Pourquoi donc les syndicats sont-ils en perte d’adhérents et en crise de crédibilité ?

    Source : Canard Enchaîné du 11 juillet 2018