#WWF : L’ #EspeceHumaine n’est pas prioritaire dans la #Protection des #Especes

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    Bakas

    Cameroun, il y a vingt ans …
    la région du Lobéké, dans le sud-est du Cameroun et au gabon, est le berceau depuis des millénaires d’un peuple premier, les pygmées Baka. Cette zone est une forêt primitive, et les Bakas vivent de cueillette et de chasse, en osmose avec la nature, en provoquant une empreinte écologique quasi nulle.

    Le gouvernement décide de faire de cette région le « Parc National du Lobéké ». Soit 217 000 hectares protégés où vivent 50 espèces de mammifères, 305 espèces d’oiseaux, 134 espèces de poissons, 18 espèces de reptiles, des milliers d’espèces de plantes, d’insectes et la plus forte concentration d’éléphants et de gorilles du Congo. Ce havre de diversité est alors soutenu par la WWF et le gouvernement crèe un corps de « gardes verts » ou « écogardes » pour protéger ce paradis vert du braconnage

    Et les Bakas ? Les autorités expulsent ce peuple de cette zone, sans son consentement, pour le parquer le long des routes forestières, des pistes rouges traversées par les camions transportant des chargements de bois précieux. L’Etat lui abandonnant quelques parcelles dans lesquelles il est censé pratiquer sa chasse de subsistance. Mais bruit et poussière éloignent les animaux dont se nourrissent les Bakas. Alors ces derniers pénètrent « illégalement » leurs terres ancestrales nourricières pour subvenir à leurs besoins, et trouver des plantes pour se nourrir et se soigner.

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    Le Gouvernement soutenu par les sociétés forestières et le WWF, légifère pour considérer ces chasses comme un crime. Les Bakas ne sont donc plus des chasseurs/cueilleurs, mais des braconniers. Bien que leur empreinte écologique soit quasi nulle, ils sont considérés comme un danger pour la faune du Parc National.

    Pourtant, le braconnage existe, et il est l’oeuvre de groupes lourdement armés venus de la RDC et du Congo qui mènent de véritables razzias lors de raids dans le Parc National. Les écogardes, créés à l’origine pour les combattre, chargés d’armes lourdes et de fusils d’assaut préfèrent s’en prendre aux Bakas et leurs lances, ce qui met nettement moins leurs vies en danger.

    Depuis plus de vingt ans, ces gardes verts sont accusés de violences graves envers ce peuple premier, humiliations, coups et tortures. En 2017 une ONG a déposé un plainte déclarée recevable par l’OCDE, pour financement de violation des droits de l’Homme.

    ecogaedes

    A ce jour, la traque continue, les mercenaires pilleurs continuent leurs pillages, et les Bakas affamés par les décisions de leur gouvernement continuent d’être arrêtés par des « écogardes courageux » qui luttent pour la « sauvegarde » de leur patrimoine …

    Sources :
    Canard Enchaîné du 8/8/18

    Photos :
    La Croix
    Universal Business Times
    DGR News Service Org